Les auteurs présentent une étude rétrospective portant sur 120 patients, menée sur une période de trois mois dans le service des urgences d’un hôpital de Dubaï. L’objectif est de comparer, paire par paire, les valeurs de sodium et de potassium obtenues soit en biologie délocalisée (Point of Care) sur dispositif Cobas b 221, soit au laboratoire central sur plasma (méthode non précisée), avec un intervalle maximal de 30 minutes entre les prélèvements. Les auteurs soulignent que les différences observées sur les électrolytes constituent un sujet déjà largement connu et documenté dans la littérature, en particulier pour le potassium et le sodium. Ils rappellent également que, selon les recommandations du CLSI, les biais acceptables sont inférieurs ou égaux à 0,3 mmol/L pour le potassium et à 3 mmol/L pour le sodium.
Dans cette étude, la concordance observée pour le potassium montre un r de 0,91 avec un biais de +0,12 mmol/L, tandis que pour le sodium, le coefficient de corrélation est de 0,88 avec un biais de -1,2 mmol/L.
Les auteurs insistent sur l’essor actuel des méthodes de biologie délocalisée aux urgences ainsi que sur les différents facteurs pouvant influencer les résultats : calibration, méthodologie analytique, nature des électrodes, etc., notamment dans les situations d’hyperkaliémie ou d’hyponatrémie où l’interprétation clinique est particulièrement sensible.
Leur conclusion met en évidence une légère surestimation du potassium, dans laquelle l’hémolyse pourrait jouer un rôle, tout comme la nature des électrodes utilisées. Ils soulignent néanmoins que 97,5 % des points comparés n’entraînent aucune incidence sur la prise en charge clinique.
Concernant le sodium, la sous-estimation apparaît un peu plus importante, avec 9,2 % des sodiums normaux sous-estimés en biologie délocalisée. Il est cependant intéressant de noter que, malgré leur conclusion globalement favorable sur la concordance, l’observation du diagramme de Bland-Altman montre une dispersion relativement large des points, entre les limites de ±1,96 SD, allant d’environ -2 mmol/L à +6 mmol/L. Les auteurs reconnaissent plusieurs limites à cette étude :
une cohorte relativement réduite de 120 patients adultes ;
l’exclusion des populations pédiatriques, des femmes enceintes et des patients d’oncologie ;
l’absence d’étude sur les conséquences cliniques potentielles en termes de traitement, de durée de séjour, d’effets secondaires ou de devenir des patients.
Une petite analyse est également réalisée sur le différentiel de délai de rendu des résultats, qui apparaît relativement faible, de l’ordre de 10 minutes. Il convient toutefois de noter que le laboratoire concerné semble disposer d’un temps de rendu particulièrement performant. La conclusion pratique des auteurs est que, devant toute valeur extrême — potassium supérieur à 5,5 mmol/L ou sodium inférieur à 130 mmol/L — il reste indispensable d’adresser un prélèvement au laboratoire central pour confirmation analytique. Enfin, comme dans l’autre publication analysée dans cette revue de littérature, les auteurs ne discutent pas réellement la différence entre potentiométrie directe et potentiométrie indirecte, bien qu’ils évoquent des différences liées aux spécificités méthodologiques et aux électrodes utilisées.